Last but not least...
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Le 29 janvier 2003 j'inaugurais le site www.galienni.com dans le but de créer un lien avec le public internaute amateur de peinture contemporaine. Cette date d'anniversaire m'a été rappelé symboliquement samedi soir en renouvelant l'hébergement du site pour deux ans. J'en profite pour remercier les 100.000 visiteurs du site en espérant avoir chaudement éclairé de mes couleurs leurs écrans plasma. Je dédicace également ce post au directeur artistique Very et à Emmanuel Vivier, co-directeur de l'agence Creadrive sans qui le site www.galienni.com n'existerait pas.
Tartine Harry’s, 10x10cm, 2003
Le rapport direct qui lie la main de l’artisan à l’oeil sensible de l’artiste est évident pour celui qui, chaque matin, a pris l’habitude de "peindre" une tartine. Plutôt marmelade orange ou groseille rouge ? Chacun aura sa préférence. Pour moi, c’est la myrtille : j’étale au couteau le beurre sur la mie blanche, puis c’est le dripping pollockien : ça gicle au rouge, même avec le dos de la cuillère. Une fois l’oeuvre achevée, on est tenté de l’engloutir d’une bouchée mais avant, prenons le temps d’étudier en quoi la consommation culturelle est toujours pour le poète, une priorité : essayons de voir dans le quotidien la beauté que nous montre du doigt l’art du musée. Et si possible, faire l’inverse. Mais ça, c’est justement le rôle du peintre...non ?
Notes du carnet d'artiste 15.08.03 (Le Buzz art ©, essai sur l'esthétique virale, Galienni 2005)
Ce soir là, un soir d’été 2003, j’étais assis à la terrasse de La Palette, mon café favori dans le 6ème, lorsque une soudaine envie me vint de dessiner, de formuler une idée de tableau autour du drame qui ébranla la terre entière, le 11 septembre.
Déchiffrage. Il y avait ces deux barres du onze qui faisait II - deux tours verticales parallèles - et la traduction qui faisait Eleven - Phonétiquement Hell Heaven - et qui donna suite par ailleurs à une série de tableaux sur la thématique évangélique Paradis / Enfer, version contemporaine. Bref. me voilà sans stylo et sans feuille, le cerveau en ébullition. Je parviens à emprunter un bic au serveur et je trouve devant moi ce billet de 20 Euros sur lequel je griffonne un dessin, le début de quelque chose. L’unique billet me permettant de payer ce que j’avais déjà consommé, soit quatre Leffe, et que je dois voir partir dans la caisse du bar. A l’addition, le billet s’envole avec l’idée, qui se transmettra d’une main à l’autre, du riche au pauvre, de la banque au petit commerce.
Art viral. Le fantasme né du voyage de ce billet qui se transmet de l’être à l’être, sans que personne ne le conserve pour sa valeur picturale. Une métaphore souhaitée d’un marché parallèle que seul l’artiste peut imposer. Un dessin graffité qui ne vaut rien, sinon le prix de son support : 20 Euros. Au même titre que le tagueur qui compose sur son pan de mur - future ruine de notre civilisation occidentale - j’ai entrepris par la suite de signer d’un dessin les billets de banque que je recevais de mes ventes d’artiste. L’impression à encre, le tamponnage, le dessin automatique...Peu importe, ces billets pourront m’être refusés, d’autres seront encaissés sans être vus. Peut-être même qu’ils sont passés entre vos mains, en douce...
Belle initiative que appartement-galerie privé dédié à l’identité et l’art féminins. Chaque mois, un événement festif est organisé pour exposer le travail de femmes artistes : peintres, cinéastes, graphistes, djettes...on passe d’une pièce à l’autre pour observer les œuvres, investir la cuisine, se lover dans les canapés design. Ou virevolter dans le salon-dancefloor au parquet point de Hongrie. Cette galerie d’art contemporain cosy, nichée dans un immeuble, reçoit évidemment au compte-gouttes. Pour faire partie des happy-few accueillis dans ce cocon arty, écrivez à Cécile pour recevoir l’invitation et surtout le code d’entrée par mail si vous confirmez.
Prochaine soirée-expo le 12 février.
76 boulevard Magenta, 10e.
GALIENNI - Portrait de la galériste Hélène K. (NDL) - 2005
Encre de chine et pigments de Fès sur papier à grain 300g/m2, 18x25cm, Galienni 2005 *** VENDU SANS CADRE ****
Actuellement aux enchères sur ebay.fr (Numéro de l'objet : 3778129554)
Fin : 29-janv.-05 01:29:03 Paris
Atelier Galienni, 15:26, Paris
Il y a à peine deux semaines que j'ai ouvert mon blog et me voilà déjà immergé dans cet entre-deux monde. Il y a le carré blanc du tableau devant lequel je me retrouve, chaque jour, face à moi-même...Et puis il y a le rectangle numérique de la toile où tout le monde se parle : On essaye de toucher en profondeur ce système mais la souris fait ricochet d'un blog à l'autre. Le temps manque à la rencontre. Mais depuis que je loge dans cette "blogosphère", j'y croise mes voisins. C'est comme ça que j'ai fait la connaissance de Patricia B., une "âme" en ligne, que je retrouve - en chair et en os - après la conférence Blogs & entreprises. On sympathise, on échange des mots-clés et on se quitte sur un rendez-vous prochain, à l'atelier. Mais le ricochet bien lancé poursuit son chemin dans le réel : Nous voilà huit dans l'espace intime de la création, ouvert à la discussion. Un bon moment Thé-Kir sur le soleil couchant, loin de la blogosphère, mais proche des autres. Merci à vous, Patricia, Marie, Béatriz, Marie-Do, Gayle et Olivier pour ce moment d'exception. Et à bientôt "là-haut" ou "ici-bas" selon la pratique.
Jeu de paume, 23.01.05, Paris
Pas de grasse, mais grosse matinée. 9h15 : Café-croissant au jeu de paume en compagnie de l'artiste Rineke Dijkstra pour la présentation de son travail de photographies et vidéos (1991-2004) au jeu de paume. Le soleil s'est invité en guest star pour illuminer majestueusement les 70 oeuvres exposées par l'artiste. En utilisant le format 4 x 5 inches, Rineke capte le portrait en photographie - et vidéo - à la manière des peintres de la Renaissance. Grand format, pause maniériste, regard troublant. On voit soi-même en l'autre, dans un étonnant face à face. Au grand final de l'exposition, la dyptique vidéo, le " Buzzclub" est tout simplement une thérapie esthétique. Du très grand art, inmanquable.
Rineke Dijkstra au Jeu de paume
14 décembre 2004 - 20 février 2005
A l'instar de mon amie Fanny qui shoote-moblog depuis ses portables (micro et téléphone) la conférence "Blogs et entreprise" en temps réel, je me contente de suivre les enjeux de cette nouvelle culture de la pointe de mon bic. Méthode classique de peintre. Autour de moi, j'assiste à une assemblée de spect-acteurs qui relayent l'événement en direct avec l'artillerie lourde hi-tech : j'entends même une sonnerie Skype, ce vieux "dring" à la Hitchcok. Sueurs froides matrixiennes dans le cou.
Depuis le fond de la salle, tel un cancre aux doigts tâchées par le stylo qui fuit, j'observe et j'écoute attentivement le monde contemporain en marche. Le privilège de "faiseur d'images" dont jouissait autrefois l'artiste, est définitivement révolu. A l'aube de l'ère industrielle, avec la construction des chemins de fer et l'invention cinématographique - il y a à peine 100 ans - la peinture se faisait mouvement dans l'impressionisme. Aujourd'hui, la révolution technologique ouvre une nouvelle brèche dans l'art contemporain - ce que je nommerais le BUZZ ART© - qui correspond à ce qu'André Rouillé nomme l'esthétique des Flux (Voir l'édito de la semaine sur Paris-art.com).
La peinture est, comme n’importe quel autre produit de consommation, soumise aux lois du marché. Tout le monde souhaite que l’artiste soit pur, sincère, voir maudit ou incompris. Car chacun de nous, spectateurs, souhaitons puiser dans l’oeuvre d’art l’innocence et la beauté du monde que nous pensons être incapable de voir. L’artiste est le prophète que l’on n’achète pas. On vénère un Van Gogh à titre posthume pour son talent, certes, mais égalemment pour son oreille coupée et parceque "il n’a jamais vendu un tableau de son vivant."
L’artiste d’aujourd’hui est face à une autre problématique, puisqu’il peut créer, diffuser ou vendre sur Internet, en temps réel et partout dans le monde. Il est loin de la réalité primaire qui consiste à échanger un tableau contre une poule pour manger [1]. L'artiste plasticien peut composer, tel un César ou un Christo, sur des chantiers où il se fait le maître d'oeuvre d'une équipe opérante. Avec ou sans cravate, l'artiste d'aujourd'hui porte tour à tour la casquette du manager, du consultant, du créateur de tendances ou du leader d'opinion. Peut-être différent par sa démarche mais certainement pas marginal de la société auquel il contribue, l'artiste est un entrepreneur au quotidien qui s'investit dans son oeuvre en prenant des risques - moraux ou financiers - pour imposer sa vision, son style, sa signature.
Ce blog, complémentaire à ma galerie en ligne, correspond à une envie d'exprimer et d'échanger mes points de vues sur la blogosphère car là où s'invente une nouvelle culture, l'art n'est jamais loin.
[1] La légende dit qu’un tableau de Van Gogh aurait été troqué par l’artiste lui même à des fermiers et aurait servi à combler un trou dans la grille du poulailler